Les
Prairies en Zone Inondable
Contexte
ligérien
Des
intérêts multiples dans la vallée
de la Loire
La
prairie des bords de Loire entre Nantes et Montsoreau
occupe 45 % de la surface rurale inondable.
Ce sont des espaces agricoles « semi-naturels
» utilisés par environ 1 000 exploitations
avec des systèmes bovins plus ou moins
extensifs.
La
prairie permanente reste le meilleur compromis
entre les intérêts agricoles et
les intérêts environnementaux.
La préservation des prairies inondables
est indispensable en raison des intérêts
multiples qu'elle présente : champs d'expansion
des crues, préservation de la ressource
en eau, diversité et richesse biologique,
forte identité paysagère et sociale,
stocks fourragers.
Une
utilisation de l'espace performante et en adéquation
avec le milieu
Prairies
de fauche dans les zones basses, prairies pâturées
en zone médiane ou sur les îles,
prairies d'hivernage, cultures et sièges
d'exploitation sur les zones hautes et sur le
bourrelet alluvial correspondent à l'utilisation
de l'espace la plus fréquente. Respectueuse
du fonctionnement du milieu (hydraulique, sols,
…), c'est aussi la meilleure utilisation
sur le plan économique à long
terme car elle est la plus adaptée aux
contraintes d'inondation.
Une
richesse floristique exceptionnelle
D'un
point de vue environnemental : plus
de 130 espèces ont été
inventoriées dans le prairies permanentes
en zone inondable de la Loire entre Nantes et
Les Ponts de Cé. Certaines, comme la
Gratiole officinale, sont protégées
au niveau national ou classées sur la
« liste rouge » des espèces
végétales menacées du massif
Armoricain. Les conditions extensives (fauche,
absence de fertilisation) favorisent l'expression
de la plus grande diversité végétale
au niveau des espèces et des habitats.
La structure botanique des prés
de Loire se caractérise par des :
- graminées
(75% du rendement en moyenne)
- légumineuses
(5% du rendement en moyenne)
- diverses
(20% du rendement en moyenne)
D'un
point de vue fourrager : les fonds
prairials sont définis par les plantes
représentant 85% du rendement du fourrage.
L'intérêt du mélange de
nombreuses espèces tient à la
différence de précocité
d'épiaison qui aide à mieux stabiliser
la qualité du fourrage dans le temps
et notamment en cas de retard de fauche.
Une
évolution des pratiques
Dans
les années 1950, la zone inondable
comportait majoritairement des prairies permanentes
exploitées sans apports autres que les
limons apportés par les crues et les
déjections animales. Les cultures (chanvre,
seigle…), installées sur le bourrelet
alluvial, ne recevaient que peu d'intrants,
et les boisements étaient limités
à la ripisylve et au bocage.
Depuis,
beaucoup de prairies ont été retournées
et remplacées par des cultures
(maïs, blé), des prairies temporaires
(Ray-grass) ou transformées en peupleraie.
L'abaissement du fil de l'eau de la Loire et
l'absence de crues pendant plusieurs années
ont favorisé ces transformations.
Actions
du Conservatoire
Dès
1993, le Conservatoire régional
des rives de la Loire et de ses affluents a
travaillé sur un programme d'acquisition
de connaissances sur les prairies inondables
en vallée de la Loire.
En
1996, le Conservatoire a mis en place
avec les Chambres d'agriculture de Loire-Atlantique
et de Maine-et-Loire et l'Agence de l'eau, un
programme en vue de promouvoir une gestion
globale de la vallée.
Dans
ce but, une série d'études a été
réalisée :
- Cartographie
de l'occupation du sol
- Recherche
sur les conditions de viabilité économique
des exploitations de la vallée
- Valeur
fourragère et intérêt
botanique des prairies naturelles
- Conditions
de reconversion de terres cultivées
en prairie permanente
- Identification
de la banque de graines du sol
- Intérêt
floristique en lien avec l'inondabilité,
les pratiques agricoles, l'ancienneté
de la prairie
- Expertise
floristique de l'Opération Locale Agri-Environnementale
« Marais et Vallées du Pays d'Ancenis
» pour la DIREN Pays de la Loire, à
la demande des agriculteurs
Ces
études ont été utilisées
dans :
- Un
travail d'animation avec les DDAF,
ADASEA et les Chambres d'Agriculture de Loire-Atlantique
et de Maine-et-Loire pour rechercher une plus
grande adaptation des mesures agri-environnementales
aux spécificités du territoire
Loire, en lien avec l'opération Natura
2000. Des propositions précises ont
été faites sur la gestion des
prairies des îles, du bocage…
Le conservatoire a aussi participé
à la mise en place des Contrats Locaux
Agri-Environnementaux financés par
le Conseil Régional, le Conseil Général
Maine-et-Loire et l'Union Européenne.
- L'élaboration
des Plans de Prévention des Risques
Inondation
- Les
documents d'informations et de conseils aux
agriculteurs avec notamment l'édition
de deux plaquettes : «
Prairie en zone inondable » et
« Reconversion en prairie permanente
».
Sur
cette thématique d'étude, le Conservatoire
:
- Anime
des manifestations visant à
partager ses connaissances liées aux
prairies et à valoriser les pratiques
agricoles préservant l'environnement,
telles que les «
Rendez-vous des Vallées » en
2005.
- A
réalisé, en 2006,
un suivi des études menées en
2002 et 2003 sur la reconversion de
parcelle en prairie de zone inondable et sur
le rôle du stock grainier de ces prairies.
- Participe
au groupe de travail régional
« Prairie » mené
par les Chambres d'agriculture de la région
Pays de la Loire, aux côtés d'universitaires
et de structures liées au milieu agricole
(Arvalis, l'Institut de l'élevage).
Il a, par exemple, contribué à
la rédaction de la plaquette « La
prairie multi-espèces »
éditée en mai 2007.
Pour
en savoir plus ...
...
consulter les sites suivants
L'agriculture
et de l'agroalimentaire des Pays de la Loire
Pour
une information concernant les Agri-Environnementales
Pour
toute autre information
|